Artiste plasticienne - Professeur titulaire (art et représentation) à l'Ecole d'Architecture dr Paris-Malaquais



« Avant d'être peintre, j'ai été sculpteur. C'est vers la fin des années 70 que mon travail de peintre s'est développé à partir d'une recherche sur le point.
En approchant l'œuvre du peintre néo-impressionniste Georges Seurat je me suis intéressée à la vibration des surfaces par la densité des points. En raison de leur accumulation ou de leur dispersion, les points faisaient naître de la lumière et de l'ombre, produisaient une vibration spécifique.
Fascinée par le mouvement des taches de lumière qui filtrent à travers les feuillages, j'ai cherché des moyens plastiques pour transcrire les sensations de cette nature. N'utilisant pas de pinceaux, je me suis fabriqué des outils à peindre -des sortes de grilles à points que je fais en bricolant à partir de matières existantes, du bois, du métal. des plastiques...
Ce sont des outils de cet ordre qui engendrent la trace. Mais l'essentiel du travail consiste à alléger le plus possible cette trace, de façon à ce que la peinture puisse trouver son unité, sa fluidité propre.
Avec les grands rouleaux et les peintures en boules une lente mutation s'est opérée qui touche le rapport à la couleur et à l'espace.
L'art extrême-oriental a eu une influence sur mon travail, notamment l'idée que tout n'est pas donné à voir d'emblée, qu'une partie de la peinture échappe toujours au regard (comme les pierres des jardins zen).
Je conçois la peinture comme une sorte de filtre que le regard traverse. C'est la raison pour laquelle j'aime les matières translucides que la couleur imprègne par absorption des deux côtés.
Qu'elle se présente en rouleau ou en boule, la peinture s'intègre à l'espace, projette son ombre. Le travail des installations témoigne à sa manière du mouvement de la lumière.
Dans l'architecture, les taches de lumière forment une trajectoire, immatérielles elles s'inscrivent sur les murs. En témoigne le travail que j'ai réalisé pour l'Ecole de danse de l'Opéra en collaboration avec l'architecte Christian de Portzamparc.
La diversité des moyens que j'utilise est une façon de chercher à éviter la monotonie qu'engendre la réitération. »

Béatrice CASADESUS, avril 2000

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